On entends ici et là des commentaires voir des critiques à ce sujet. Mais il faut tout d’abord rappeler que l’Inde est une “vieille” puissance nucléaire: dés 1948, à l’aube de son indépendance, l’Inde a créé l’Atomic Energy Commission. Le premier réacteur nucléaire est construit à Tarapur en 1960. Aujourd’hui c’est prés d’une vingtaine de réacteurs qui sont en activité.
Mais le nucléaire ne représente que 3% de la production d’énergie en Inde, 70% étant assurée par des usines thermiques, 15% par de l’hydroélectrique et 10% par d’autres sources. Les besoins en énergie sont énormes, tant du point de vue industriel que du développement urbain ou de l’électrification des campagnes: l’Inde produit actuellement 150000MW et doit atteindre 200000MW d’ici 2012 et 400000 d’ici 2020.
Des énergies renouvelables comme la biomasse, l’éolien ou le solaire sont activement développées par le gouvernement indien, mais le nucléaire devrait représenter une part importante des futures capacités de production. L’accord signé avec le Nuclear Supplier Group (NSG), avec les Etats-Unis, et maintenant avec l’Europe, ne fait qu’officialiser une situation spécifique.
Si l’Inde n’a jamais signé le Traité de Non Prolifération elle s’est engagé pour un moratoire de ses essais et une séparation claire de ses programmes civils et militaires. Isolée après ses essais de 1974, sous le coup d’un embargo des membres du NSG depuis 1992, l’Inde considère l’option nucléaire comme moyen de préserver son indépendance d’un point de vue stratégie et énergétique.
En effet, l’Inde doit importer 75% de son pétrole et de son gaz naturel. Le charbon représente aujourd’hui 50% de la production d’énergie en Inde. Les évolutions économiques et stratégiques de la Chine, qui est également dépendante de ses importations de matières premières, poussent l’Inde à s’allier à d’autres pays afin de maintenir son développement démographique et social.
Les enjeux sont donc économiques et environnementaux, l’Inde produisant 1 milliard de tonnes de C02 dont 70% à partir de charbon, 25 à partir de pétrole et 5 à partir de gaz . L’accord entre l’Europe et l’Inde, s’il a des objectifs dans le domaine de l’énergie, recouvre également des domaines comme la recherche, la sécurité alimentaire et les changements climatiques.
Cette coopération devrait surtout permettre de participer au futur d’un cinquième de la population mondiale: l’Inde dépassera en population la Chine dés 2030. Continuer à isoler l’Inde, ou lui refuser un développement durable, serait une erreur.